Nous avons constaté, lors de nos différentes rencontres consacrées à la mobilité, que les citoyens de la province de Luxembourg se sentent comme les parents pauvres de la mobilité en Belgique.
L’éloignement géographique, la faible densité de population et le manque d’investissements structurels renforcent le sentiment d’être délaissés par les autorités publiques. Se déplacer pour travailler, étudier, se soigner ou simplement maintenir une vie sociale devient, pour beaucoup, un véritable parcours du combattant.
Cette réalité touche particulièrement les jeunes, les personnes âgées, les ménages à faibles revenus et les personnes sans permis de conduire.
Si les contraintes financières sont bien réelles, la suppression de projets de mobilité tels que le Flexitec en zone rurale pose une question fondamentale : la mobilité est-elle considérée comme un droit essentiel ou comme un luxe réservé aux zones urbaines ?
Investir uniquement là où la rentabilité est immédiate creuse les inégalités territoriales et renforce le sentiment d’abandon ressenti par une partie des citoyens de la province de Luxembourg.
Certaines communes ont fait le choix de s’investir dans la mobilité en mettant en place un service de taxi social.
Si cette initiative répond à des besoins réels et urgents, elle reste toutefois insuffisante pour garantir à l’ensemble des citoyens une mobilité sans contraintes.
Le coût financier de ces dispositifs pèse lourdement sur les budgets communaux, qui ne peuvent, à eux seuls, assumer durablement cette charge.
Dans une province comme le Luxembourg, marquée par l’éloignement, la faible densité de population et le manque d’alternatives de transport, l’isolement est une réalité quotidienne pour de nombreux habitants.
Il est essentiel que les responsables politiques prennent pleinement conscience de cette situation de terrain et s’engagent à apporter des solutions structurelles et équitables, au-delà des efforts déjà consentis par les communes.
Faire en sorte que se déplacer ne soit plus un problème en province de Luxembourg nécessite une volonté politique claire et une reconnaissance des réalités rurales.
La mobilité ne devrait pas dépendre du lieu où l’on vit. Tant que les citoyens auront le sentiment d’être oubliés, le fossé entre territoires urbains et ruraux continuera de se creuser.
Julie Müller
Chargée de projet CLM-LUX